Le terme huile essentielle sacrée fait référence à une huile essentielle qui est utilisée dans les pratiques spirituelles, religieuses ou sacrées. Elles sont souvent considérées comme ayant des propriétés symboliques et spirituelles, en plus de leurs bienfaits thérapeutiques traditionnels. Leur utilisation dans des contextes sacrés remonte à l’Antiquité. Depuis des temps immémoriaux, les huiles essentielles sacrées ont été vénérées pour leurs pouvoirs spirituels et leurs capacités à élever l’âme. Ces précieuses essences aromatiques, extraites de plantes sacrées sont considérées comme des portails vers des dimensions plus élevées de Conscience.
Portons alors, avec cet éclairage mystérieux, un regard différent sur les huiles essentielles et intéressons-nous aux huiles essentielles sacrées. Voici la myrrhe.
L'Huile Essentielle de myrrhe : entre tradition sacrée et vertus thérapeutiques (comifora molmol)
Depuis des millénaires, la myrrhe a captivé l’humanité avec son parfum enivrant et ses propriétés mystiques. Cette résine aromatique, extraite des arbres du genre Commiphora, a joué un rôle significatif dans diverses traditions culturelles et religieuses à travers le monde. Son histoire sacrée est tissée de mythes, de rituels et de symboles, offrant un éclairage sur la profondeur de sa signification spirituelle.
Grand arbuste ou petit arbre, l’arbre à myrrhe excède rarement trois mètres de hauteur. Il est épineux et buissonnant et ses branches sont noueuses et enchevêtrées. Ses feuilles sont petites et ovales. Durant l’été, l’arbuste se recouvre de petites fleurs rouges et son tronc se boursoufle de cloques d’où s’écoule un liquide rougeâtre ou jaunâtre. La myrrhe se récolte également aussi avoir entaillé l’écorce de l’arbre. De la même manière, les larmes de sève apparaissent.
On trouve ce petit arbre au nord-est de l’Afrique, dans la péninsule arabique ainsi qu’en Asie occidentale. Les principaux pays producteurs sont le Yémen, l’Éthiopie, l’Arabie, l’Iran et l’Érythrée.
Le sacré et la myrrhe
L’histoire de la myrrhe remonte à l’Antiquité, où elle était vénérée pour ses vertus curatives et ses qualités spirituelles. Dans l’Égypte ancienne, la myrrhe était utilisée dans les rites funéraires pour embaumer les corps des défunts, facilitant le voyage de l’âme vers l’au-delà. Son utilisation dans les pratiques religieuses s’est étendue à d’autres cultures de la région, notamment les civilisations babylonienne, assyrienne et phénicienne.
La myrrhe occupe également une place de choix dans les rituels religieux de la Grèce antique. Les prêtresses de la déesse Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, l’utilisent dans leurs cérémonies de purification et de guérison. Sa réputation de purificateur et de protecteur s’est également répandue dans la Rome antique, où elle était brûlée comme encens lors des célébrations religieuses et des rituels de purification.
Dans les traditions judaïque et chrétienne, la myrrhe revêt une signification particulière. Dans l’Ancien Testament, elle est mentionnée à plusieurs reprises comme un ingrédient précieux utilisé dans les onctions et les parfums sacrés. Dans le Nouveau Testament, la myrrhe est associée à l’enfance de Jésus.
Dans les Évangiles, la myrrhe est mentionnée comme l’un des trois cadeaux offerts par les Rois Mages à la naissance de Jésus à Bethléem. L’évangile selon Matthieu relate que les Mages, venus d’Orient, arrivèrent à Jérusalem, guidés par l’étoile, et se rendirent ensuite à Bethléem où ils trouvèrent l’enfant Jésus avec Marie, sa mère. Ils offrirent alors des présents symboliques : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ces cadeaux sont riches de significations : l’or symbolisait la royauté de Jésus, l’encens sa divinité, et la myrrhe son humanité et son destin sacrificiel. Dans le deuxième chapitre de l’Évangile selon Matthieu, il est écrit : « Après être entrés dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » (Matthieu 2:11,).
La présence de la myrrhe parmi les cadeaux des Rois Mages revêt une symbolique profonde dans la tradition chrétienne. Ainsi, en offrant de la myrrhe à Jésus, les Rois Mages reconnaissaient implicitement sa destinée sacrificielle, préfigurant sa mort et sa résurrection à venir. La myrrhe devient ainsi un symbole de l’amour divin offert à l’humanité à travers le sacrifice rédempteur de Jésus-Christ. La myrrhe est l’emblème de l’universalité du message de Jésus et de son amour pour toute l’humanité.
On retrouve la myrrhe brille dans le Cantique des cantiques, dans lequel elle est citée sept fois: « Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe qui repose entre mes seins ». Certes la myrrhe est anaphrodisiaque, il est de bon ton de ne pas prendre cette allégation au pied de la lettre, mais plutôt d’y voir une référence à l’Amour christique qui alors s’épanouit au cœur de notre divinité de lumière.
Dans la tradition islamique, la myrrhe est également mentionnée dans le Coran, où elle est connue sous le nom de « Mur » ou « Murrah ». Dans la sourate 55, intitulée « Ar-Rahman »[1], le Coran mentionne : « Et pour celui qui redoute la comparution devant son Seigneur, il y aura deux jardins. »[2] Dans le commentaire de ce verset, la myrrhe est mentionnée comme l’un des éléments du jardin promis aux pieux. Cette référence souligne la valeur spirituelle de la myrrhe dans la tradition islamique, la plaçant parmi les bienfaits et les délices réservés aux croyants vertueux dans l’au-delà. Elle est également considérée comme un parfum béni. Le Prophète Mohammed dit : »La myrrhe et le musc sont deux parfums de ce monde, et ils sont les parfums des habitants du Paradis« . Cette parole du Prophète souligne la valeur spirituelle de la myrrhe et son association avec la béatitude éternelle dans l’au-delà, renforçant ainsi son importance dans la tradition islamique.
La myrrhe, avec son histoire riche et ses symboles sacrés, reste un trésor de la nature qui continue de fasciner et d’inspirer. Que ce soit pour ses propriétés thérapeutiques, son parfum envoûtant ou sa sacralité spirituelle, elle incarne le symbole de divinité, de purification et de guérison, la myrrhe mérite sa place parmi les trésors les plus précieux de la Terre.
[1] Le Tout Miséricordieux.
[2] Coran 55:46.
La myrrhe et l’aromathérapie
1. Usage Médicinal :
Anti-inflammatoire : la myrrhe est utilisée pour traiter les inflammations internes et externes, notamment les douleurs articulaires et musculaires.
Antiseptique : elle possède des propriétés antibactériennes et antifongiques, ce qui en fait un remède efficace pour désinfecter les plaies et prévenir les infections.
Cicatrisante : la myrrhe favorise la régénération des tissus cutanés, accélérant ainsi le processus de cicatrisation des blessures et des brûlures mineures.
Antalgique : elle agit comme un analgésique naturel, soulageant les douleurs dentaires, les maux de gorge et les douleurs menstruelles.
2. Soins de la Peau :
Anti-âge : la myrrhe est utilisée dans les produits de soins de la peau pour ses propriétés antioxydantes, aidant à réduire les signes de vieillissement cutané tels que les rides et les ridules.
Hydratante : elle est ajoutée aux crèmes et aux lotions pour ses capacités hydratantes, laissant la peau douce, souple et bien nourrie.
Traitement de l’acné : ses propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes en font un remède naturel efficace contre l’acné et les imperfections cutanées.
3. Usage Culinaire :
Assaisonnement : dans certaines cuisines, la myrrhe est utilisée comme épice pour aromatiser les plats, en particulier les plats de viande et les sauces.
Boisson : elle peut être infusée dans de l’eau chaude pour préparer une boisson revigorante et rafraîchissante, souvent consommée pour ses bienfaits pour la digestion et la santé générale.
4. Usage Dentaire :
Hygiène Buccale : la myrrhe est ajoutée aux dentifrices et aux bains de bouche pour ses propriétés antiseptiques et rafraîchissantes, aidant à maintenir une bonne santé bucco-dentaire et à prévenir les infections des gencives.
Comme pour toutes les huiles essentielles, il est préférable de tester l’huile essentielle de myrrhe sur sa peau avant toute utilisation afin de vérifier de l’absence d’une allergie. Bien que cette huile essentielle ne présente pas de contre-indications aux doses physiologiques, on la réserve à l’adulte. La myrrhe entre dans la composition du baume du commandeur[1] ainsi que dans celle de l’élixir de Garus[2]. On la trouve même dans la bénédictine.
[1] Baume cicatrisant appelé aussi teinture balsamique. Il est réalisé par macération de racines d’angélique et d’hypéricum avec de l’alcool puis par ajout de myrrhe, d’oliban, de benjoin, de baume de tolu et d’aloès.
[2] L’élixir de Garus est un remède dont la formule a été mise au point au XVIIᵉ siècle par Joseph Garus, d’après une recette de Paracelse. L’élixir en question était composé principalement de myrrhe, de safran, de cannelle de Ceylan, de clous de girofle, de muscade et d’aloès de l’île de Socotra.
La myrrhe et l’aromathérapie sacrée
La myrrhe est une résine aromatique précieuse qui a une longue histoire d’utilisation dans les pratiques spirituelles et religieuses. En aromathérapie sacrée, la myrrhe est souvent utilisée pour ses propriétés purificatrices, apaisantes et méditatives.
Dans la Bible hébraïque, la myrrhe est mentionnée comme un arôme rare à plusieurs endroits de la Bible hébraïque. Le livre de la Genèse au chapitre 37 verset 25 indique que les marchands auxquels les fils de Jacob vendirent leur frère Joseph avaient « des chameaux […] avec des épices, du baume et de la myrrhe », et le livre de l’Exode au chapitre 30 versets 23-25 précise que Moïse devait utiliser 500 shekels de myrrhe liquide comme ingrédient principal de l’huile d’onction sacrée.
Dans l’Islam, selon un hadith transmis par Abu Nuaim d’Abban ibn Saleh ibn Anas, Mahomet aurait dit : « Fumigez vos maisons avec de l’absinthe, de la myrrhe et du thym ».
Dans l’ancienne Nabatée[1], au premier siècle avant J.-C., Diodore de Sicile rapporte que la myrrhe faisait l’objet d’un commerce terrestre et maritime par le biais de caravanes nabatéennes et de ports maritimes qui l’acheminaient du sud de l’Arabie jusqu’à leur capitale Pétra, d’où elle était distribuée dans toute la région méditerranéenne.
[1] Le royaume des Nabatéens était alors situé sur le territoire des actuelles Jordanie, Syrie, Arabie saoudite, Égypte et Palestine durant l’Antiquité.
Voici comment la myrrhe est utilisée dans ce contexte :
1. Purification et protection : la myrrhe est traditionnellement utilisée pour purifier l’air et éliminer les énergies négatives. En brûlant de la myrrhe sous forme de résine ou d’encens, on peut créer un espace sacré et protégé, propice à la prière, à la méditation et à la connexion spirituelle.
2. Apaiser l’Esprit : le parfum profond et résineux de la myrrhe est réputé pour ses qualités apaisantes et réconfortantes. En diffusant de l’huile essentielle de myrrhe, on peut aider à calmer l’esprit et à soulager le stress, favorisant ainsi un état de tranquillité et de bien-être propice à la méditation.
3. Élévation Spirituelle : dans de nombreuses traditions spirituelles, la myrrhe est considérée comme un outil pour élever l’énergie spirituelle et favoriser la connexion avec le divin. Son parfum profond est souvent associé à la transcendance et à la recherche de vérité spirituelle, aidant les pratiquants à se connecter avec leur moi intérieur et à atteindre des niveaux plus élevés de conscience.
4. Soutien Méditatif : est également utilisée pour soutenir les pratiques méditatives en aidant à calmer l’esprit et à se concentrer sur l’instant présent. Son parfum terreux et riche peut aider à ancrer l’attention et à favoriser la pleine conscience pendant la méditation.
5. Symbolisme Spirituel : au-delà de ses propriétés aromatiques, la myrrhe a également une signification symbolique profonde dans de nombreuses traditions religieuses. Elle est souvent associée à des rituels de purification, de guérison et de sacrifice, symbolisant la recherche de la vérité spirituelle et l’engagement envers la spiritualité.
Au plan spirituel et sous l’angle du grand œuvre alchimique, la myrrhe est la délivrance jour-nuit et nuit-jour. Ce qui signifie qu’elle est le soleil et la nuit, le soleil et la mort, elle est au commencement et à la fin, elle est l’Alpha et le Tav, le Saint Esprit qui ouvre les douleurs du cœur en le magnifiant par l’art de la transmutation.
Son mode d’emploi appelle une inhalation ou une dilution d’1 goutte dans une cuillère à soupe en massage sur le chakra du cœur.



