Le terme huile essentielle sacrée fait référence à une huile essentielle qui est utilisée dans les pratiques spirituelles, religieuses ou sacrées. Elles sont souvent considérées comme ayant des propriétés symboliques et spirituelles, en plus de leurs bienfaits thérapeutiques traditionnels. Leur utilisation dans des contextes sacrés remonte à l’Antiquité. Depuis des temps immémoriaux, les huiles essentielles sacrées ont été vénérées pour leurs pouvoirs spirituels et leurs capacités à élever l’âme. Ces précieuses essences aromatiques, extraites de plantes sacrées sont considérées comme des portails vers des dimensions plus élevées de Conscience.
Portons alors, avec cet éclairage mystérieux, un regard différent sur les huiles essentielles et intéressons-nous aux huiles essentielles sacrées. Voici le galbanum
L’huile essentielle de galbanum (Ferula gummosa), une aura de sacré et de mystère
Le galbanum, une résine aromatique précieuse extraite du ferula, une plante herbacée de la famille des Apiacées, est un trésor de la nature. Son histoire riche remonte à l’Antiquité, où il était vénéré pour ses propriétés médicinales, ses parfums enivrants et sa symbolique spirituelle.
Le galbanum est originaire des régions montagneuses d’Asie centrale et d’Iran. Cette résine aromatique est extraite de la plante ferula, qui pousse dans des climats arides et rocailleux. Pour récolter le galbanum, l’incision est faite dans la tige de la plante, permettant à la résine de s’écouler et de durcir à l’air libre. Cette résine est ensuite récoltée et distillée pour produire l’huile essentielle de galbanum, qui est utilisée dans diverses applications.
Le sacré et le galbanum
Le galbanum est mentionné dans plusieurs textes anciens, notamment dans la Bible. Dans le Livre de l’Exode, il est inclus dans la composition de l’encens sacré utilisé dans le Tabernacle et le Temple. Il est également mentionné dans le Cantique des Cantiques, où son parfum est loué par le roi Salomon. Cette référence biblique confère au galbanum une aura de sacré et de mystère.
Dans de nombreuses traditions spirituelles, le galbanum est associé à la purification, à la protection et à la guérison. Son parfum puissant est considéré comme purifiant pour l’esprit et l’âme, aidant à éliminer les énergies négatives et à favoriser l’harmonie intérieure. Dans les pratiques de méditation et de prière, l’encens de galbanum est brûlé pour créer une atmosphère propice à la contemplation et à la connexion spirituelle.
Exode 30:34-35 : « L’Éternel dit à Moïse: Prends des parfums, du stacté, de l’ongle odorant, du galbanum, et de l’encens pur, en parties égales. Tu feras avec cela un parfum composé, comme on en fait en parfumerie, mélangé, pur et saint. ». Ce passage fait partie des instructions données par Dieu à Moïse pour la fabrication de l’huile sainte et du parfum sacré utilisés dans le Tabernacle et plus tard dans le Temple. Le galbanum est inclus dans cette liste de substances parfumées qui devaient être utilisées pour créer un parfum sacré selon des proportions spécifiques.
Comme tous les peuples orientaux, les Égyptiens font grand usage de produits tels que les encens, les baumes, les aromates et les parfums à base d’huiles extraites de résines d’arbres ou obtenues par pressage de plantes. Les substances odoriférantes jouent un rôle fondamental tant dans la vie quotidienne que dans les rituels liturgiques et funéraires. Il fait partie des sept oléorésines les plus fréquemment retrouvées dans les sarcophages en association avec le cèdre, le thuya, la myrrhe, le styrax, le cyprès et la térébenthine. La légende dit que les Egyptiens considéraient le galbanum comme une huile sacrée du fait de son odeur si désagréable qu’elle faisait fuir les serpents et les démons.
Les recettes du Métopion et du parfum de Mendès sont révélées dans les écrits de Pline l’Ancien[1], naturaliste latin du Iᵉʳ siècle, auteur d’une encyclopédie intitulée Histoire naturelle.
Pline et Dioscroride[2] (I, 72) disent que le métopion tire son nom de l’arbre qui donne le galbanum, et que ce parfum est composé d’amandes amères, d’omphacion (huile d’olives vertes), de cardamomum, de schénanthe, de calamus aromaticus, de carphobalsamum, de galbanum, de miel et de vin, et qu’on le préparait principalement en Egypte.
Voici la synonymie moderne des substances qui entrent dans le parfum mendésien, tel que Pline le dit composé :
- Balaniunum oleum. Huile de Ben (huile fixe du moringa oleifera).
- C’est la résine des conifères européennes
- C’est suivant Pline, l’huile d’amandes amères ; et, suivant Dioscoride, le galbanum.
- Huile d’olives non mûres.
- Fruit de l’Amomum Cardamomum
- Le schénanthe, Andropogon Schoenanthus
- Tiges d’une plante inconnue aux modernes.
- Gomme-résine de l’amyride kataf et de l’amyride myrrha.
- Fruit de l’amyride baumier.
- Gomme résine du Babon Galbanum
- Résine fluide des conifères d’Europe.
Cette Huile Essentielle correspond aux situations charnières de notre vie, à ces différents cycles. Le galbanum nous appelle de façon forte et rude à faire un choix conscient, à nous prononcer clairement sur notre désir véritable. Il nous renvoie à notre force originelle et ancestrale qu’il mobilise alors dans les reins, le Qi, la force originelle, et pousse à se manifester. Son odeur est puissante, et âcre dérange, choque et perturbe ceux qui lui résistent. Son affinité avec le nard de l’Himalaya, autre huile essentielle sacrée qui engendre des réactions similaires en nous mettant au contact de nos résistances et de nos peurs profondes.
Cependant, à l’opposé du nard qui nous invite à une introspection et une descente en les profondeurs de notre âme, le galbanum nous pousse à l’action, à faire jaillir l’énergie de notre volcan intérieur. Il nous oblige à rassembler toutes nos forces afin de remonter de nos profondeurs à la rencontre de la lumière de la vie. Il crée et agit au lieu de subir afin de réaliser le meilleur du Soi.
[1] Pline l’Ancien est né en 23 apr. J.-C. à Novum Comum (l’actuelle Côme) dans le nord de l’Italie (en Gaule transpadane) et mort en 79, à Stabies (en latin : Stabia), près de Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve, c’est un écrivain et naturaliste romain du 1er siècle.
[2] Pedanius Dioscoride est né entre les années 20 et 40 ap. J.-C., à Anazarbe en Cilicie (une province romaine située au sud-est de l’actuelle Turquie) et mort vers 90 ap. J.-C et est un médecin, pharmacologue et botaniste grec.
Le galbanum et l’aromathérapie
- Parfumerie : le galbanum est utilisé comme note de fond dans la parfumerie pour ses qualités aromatiques. Son parfum est décrit comme vert, résineux et légèrement amer, apportant une profondeur et une complexité aux compositions parfumées.
- Naturopathie: il est souvent utilisé comme anti-inflammatoire, antispasmodique et expectorant, aidant à soulager les douleurs articulaires, les spasmes musculaires et les affections respiratoires telles que la toux et l’asthme. En aromathérapie, l’huile essentielle de galbanum est utilisée pour ses propriétés relaxantes et apaisantes. Elle est souvent diffusée dans l’air ou ajoutée à des bains pour favoriser la détente et soulager le stress et l’anxiété.
- Soins de la peau : en raison de ses propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes, le galbanum est parfois utilisé dans les produits de soins de la peau pour traiter les problèmes cutanés tels que l’acné, les irritations et les petites plaies. Il peut aider à apaiser la peau irritée et à favoriser la guérison.
Comme pour toutes les huiles essentielles, il est préférable de tester l’huile essentielle de myrrhe sur sa peau avant toute utilisation afin de vérifier de l’absence d’une allergie.
Le galbanum et l’aromathérapie sacrée
En raison de son parfum terreux, vert et légèrement amer, le galbanum est considéré comme un élément aidant à ancrer l’esprit et à équilibrer les émotions. Certains praticiens estiment qu’il peut aider à libérer les blocages énergétiques et à favoriser la circulation de l’énergie vitale dans le corps.
Dans les traditions spirituelles anciennes, le galbanum était parfois utilisé dans des encens et des onguents pour ses propriétés purificatrices et son association avec la protection spirituelle. On croyait que son parfum pouvait élever l’âme et aider à dissiper les énergies négatives.
Et si l’on ose lever les yeux vers le miroir, l’adversaire à combattre n’est-il pas d’abord en nous? Le galbanum ainsi pousse à être le meilleur de soi-même en nous confrontant à nos peurs et à nos résistances.
Mode d’emploi: en inhalation, en massage au bas ventre ou à porter sur soi en flacon si vous supportez son odeur forte.



