Et si les anciens savaient ?

Michel PIERRE

Hypogées, quartz et forces de la Terre au plateau de Castelet

Énergie, magnétisme, orientation solaire : le plateau de Castelet révèle les secrets d’un savoir néolithique oublié. 

Avertissement 

Ce texte ci-dessous présente une hypothèse basée sur des observations préliminaires et des données limitées. Il ne s’agit pas d’une affirmation définitive, mais plutôt d’une proposition qui mérite d’être explorée et testée plus avant par des recherches et des études supplémentaires. Les conclusions tirées ici doivent être considérées comme des points de départ pour des discussions et des investigations futures, plutôt que comme des certitudes établies. 

Le sol du plateau de Castelet : la clé d’une implantation néolithique ?

Et si les bâtisseurs du Néolithique ne choisissaient pas l’emplacement des mégalithes au hasard ? Bien avant nos boussoles et nos satellites, ils semblaient déjà percevoir les lignes invisibles qui parcourent le sol : courants telluriques, failles, sources souterraines. Le plateau de Castelet, dans les Bouches-du-Rhône, en est un exemple fascinant. Sa roche, la molasse, tendre et chargée de quartz, a permis des constructions souterraines étonnamment précises. Orientation solaire, choix minéralogique, vibration de la pierre… Et si le sol lui-même dictait la sacralité des lieux ? 

Pourquoi cette recherche ? 

En Bretagne, l’immense majorité des mégalithes sont constitués de granit. Cette roche, composée de quartz, de mica et de feldspaths. Connue pour ses propriétés énergétiques, cette pierre serait propice à la circulation de diverses fréquences vibratoires et électromagnétiques. Il semble donc naturel de faire un lien entre la forte densité de monuments mégalithiques dans cette région et la nature particulière du granit qui les compose. 

Longtemps, l’idée qu’il n’existait pas d’analogie entre les différents sites mégalithiques m’a semblé fondée. Pourtant, une observation attentive révèle de nombreuses similitudes : l’implantation récurrente de menhirs, dolmens, hypogées ou cromlechs ; leurs orientations précises selon les solstices et équinoxes ; ou encore la représentation de constellations. Ces éléments suggèrent une connaissance fine de l’environnement, autant géologique qu’astronomique. 

Grâce aux moyens d’information actuels, il reste possible de tisser des liens entre ces sites éloignés. Avec persévérance, les découvertes émergent peu à peu : la ténacité finit toujours par porter ses fruits. 

Le site

Cet article a pour but de déterminer le plus précisément possible la nature du sol du plateau de Castelet situé entre l’abbaye de Montmajour et Fontvieille dans les Bouches du Rhône. Cet endroit recèle des mégalithes datant de la période du néolithique. En raison de la qualité de leur architecture, ces monuments sont uniques dans le sud de la France. 

Le sol est principalement constitué de molasse tertiaire, une roche sédimentaire meuble et friable. La molasse est un type de grès tendre, formé par la consolidation de sables et d’argiles déposés dans des environnements fluvio-lacustres au cours du Tertiaire. Cette composition géologique a permis le creusement d’hypogées (sépultures souterraines) dès le Néolithique, comme en témoignent les structures funéraires découvertes sur ce plateau. Contrairement à de nombreux dolmens et monuments mégalithiques à chambre, ces monuments ne sont pas saillants dans le paysage, ils sont principalement souterrains, et bien qu’ils furent autrefois recouverts d’un tumulus, aujourd’hui disparu. Leurs chambres trapézoïdales finement excavées sont taillées directement dans la roche locale. 

Ces monuments, sont clairement alignés par rapport au soleil. L’illumination saisonnière de ces monuments et la pénétration de lumière et d’ombre à l’intérieur devait être utilisé à des fins cérémonielles et cosmologiques. Ce phénomène dans les monuments était il y a quelques décennies méconnues et a des implications majeures, non seulement pour la compréhension de la nature de ces monuments eux-mêmes. 

Ainsi, bien que ce plateau ne soit pas constitué de grès au sens strict, sa molasse présente des caractéristiques similaires, notamment sa facilité de taille, ce qui a favorisé son utilisation pour des constructions et des aménagements humains depuis la Préhistoire. 

Le grès (ou molasse, dans le cas du plateau de Castelet) est une roche sédimentaire composée principalement de grains de quartz cimentés par des minéraux comme la silice, le carbonate de calcium ou la cimentation argileuse. Pour la molasse tertiaire qu’on trouve sur ce plateau, la composition typique est la suivante : 

  • Quartz : constituant principal des grains de sable, représentant environ 60 à 90 % de la fraction granulaire.
  • Feldspaths : environ 5 à 15 %, apportant des minéraux alcalins et alumino-silicatés.
  • Argiles et micas : présents en quantités variables, notamment des phyllosilicates comme l’illite et le chlorite, contribuant à la fraction argileuse de la roche.
  • Ciment : principalement calcaire ou argilo-calcaire, assurant la cohésion des grains.
  • Minéraux accessoires : tels que des oxydes de fer, pouvant impartir des teintes rougeâtres ou jaunes à la roche. Cette composition est similaire à celle observée dans d’autres formations molassiques du Sud-Est de la France, comme celles de la Drôme.

Propriétés et utilisation 

Cette molasse est appréciée pour sa facilité de taille. Sa faible dureté et sa perméabilité en font également un matériau sensible aux phénomènes d’altération, notamment la desquamation en plaques, liée à la présence d’argiles gonflantes dans sa structure. 

Quels sont les phénomènes de nature tellurique qui déterminaient l’implantation de mégalithes ?

Les phénomènes de nature tellurique qui peuvent influencer l’implantation de mégalithes sont liés à des aspects géophysiques et énergétiques du sol. Ces phénomènes reviennent souvent dans les hypothèses archéologiques, géobiologiques ou ésotériques. En voici les principaux : 

Lignes telluriques ou courants telluriques 

Ces lignes sont des réseaux d’énergie naturelle parcourant la croûte terrestre (comme le réseau Hartmann ou réseau Curry et autres). 

Les anciens auraient implanté des mégalithes à l’intersection ou à la multiplication de ces lignes, là où l’énergie serait plus concentrée. 

Failles géologiques et réseaux de fractures 

Les mégalithes se trouvent parfois au-dessus de failles où la croûte terrestre est fracturée. 

Ces zones émettent des ondes électromagnétiques naturelles, des fréquences vibratoires ou des gaz rares. 

Sources et eaux souterraines 

Beaucoup de sites mégalithiques sont implantés au-dessus de nappes phréatiques, sources ou veines d’eau souterraines. 

L’eau en mouvement produit des micro-ondes électromagnétiques et des fréquences vibratoires parfois perçues comme une énergie subtile ou vitale. 

Magnétisme naturel 

Certains rochers ou sols ont un champ magnétique anormal, détectable avec des instruments modernes, mais qui pourrait avoir été ressenti intuitivement par les populations anciennes. 

Des études ont montré des variations magnétiques mesurables autour de certains mégalithes. 

Aspect symbolique et culturel 

Rôle sacré des lieux “chargés” 

Pour les peuples néolithiques, certains lieux étaient probablement perçus comme “habités” ou “puissants”, même sans explication rationnelle. 

Un site où l’on ressentait un phénomène étrange (bruit souterrain, comportement des animaux, sensation inhabituelle) pouvait être considéré comme sacré ou propice aux rituels. 

Connexion Terre – Ciel 

Le mégalithe était souvent un pont symbolique entre les forces telluriques (de la Terre) et cosmiques (du Ciel). 

Par exemple, une pierre dressée sur une faille ou une veine d’eau souterraine, orientée vers le lever du soleil au solstice, marquait à la fois la puissance terrestre et le cycle céleste. 

Marqueurs de territoire ou de fertilité 

Certains chercheurs pensent que les mégalithes sont aussi des marqueurs de zones fertiles, rituelles ou funéraires. 

L’implantation sur des zones à forte énergie tellurique aurait donc pu servir à favoriser la fertilité de la terre ou à guider les esprits. 

Exploration minéralogique de quelques sites mégalithiques d’Europe

Ma curiosité pour les sites mégalithiques d’Europe s’est progressivement orientée vers l’étude de leur composition minérale. Ces monuments préhistoriques, répartis à travers le continent, témoignent d’un savoir-faire architectural impressionnant, mais aussi de choix géologiques souvent méconnus. 

Comparer la composition minérale de plusieurs de ces sites permet d’explorer des questions liées à l’origine des matériaux, aux échanges culturels et aux pratiques de sélection des pierres dans des contextes géographiques et chronologiques variés. 

Le Causse de Blandas (France, Gard)

Contexte archéologique 

  • Plus de 80 monuments mégalithiques (dolmens, menhirs, cromlechs)
  • Datation : Néolithique (env. 6000 à 3000 av. J.-C.)

Géologie et sols 

  • Sols calcaires à dolomitiques
  • Types de sols principaux : rendzines et terra rossa

Type de sol Calcite Argiles Quartz 

Rendzine 50–80 % 5–20 % 5–15 % 

Terra rossa <10 % 30–50 % 10–25 % 

Remarques : Les sols sont pauvres en silicates alumineux (feldspaths, micas) mais riches en carbonate de calcium. Le quartz y est significatif, contribuant à la stabilité des sols. 

Cromlech des Almendres (Portugal, Alentejo) 

Contexte archéologique 

  • L’un des plus grands ensembles mégalithiques de la péninsule Ibérique

Géologie locale 

  • Granite porphyroïde riche en feldspaths potassiques
  • Sols rouges (terra rossa) formés sur substrat granitique, riches en argiles et oxydes de fer

Minéralogie du granit 

  • Quartz (SiO₂) : dureté, résistance à l’érosion
  • Feldspaths potassiques (orthose)
  • Micas : biotite (foncé), muscovite (clair)

La Can de Ceyrac (France, Gard) 

Contexte géographique 

  • Plateau karstique entre Ceyrac et Saint-Jean-de-Buèges
  • Altitude moyenne : 800 m

Géologie 

  • Calcaires jurassiques (Bajocien à Oxfordien)
  • Présence de dolomies, marnes et argiles
  • Karstification importante (diaclases, failles)

Utilisation des roches 

  • Mégalithes taillés dans le calcaire local, parfois peu travaillé.

Stenness (Écosse, Orcades) 

Géologie 

  • Grès rouge du Dévonien (Old Red Sandstone), riche en quartz
  • Sous-sol : gneiss granitique et granite

Sols 

  • Résultent de l’altération des roches mères riches en quartz
  • Le quartz, très résistant, se maintient dans les sols à long terme.

Carnac (France, Morbihan) 

Contexte 

  • Alignements de menhirs érigés sur granite armoricain

Composition minéralogique du granit 

  • Quartz : 25–30 %
  • Feldspaths alcalins : 30–40 %
  • Plagioclases : 20–30 %
  • Micas : 5–15 %

Ce granite hercynien local a été largement utilisé pour ériger les monuments. 

Stonehenge (Angleterre, Wiltshire) 

Types de pierres 

  1. Sarsens (grès siliceux)
  • Origine : Plaine de Marlborough (~30 km)
  • Roche très dure, 90–99 % de quartz
  • Ciment siliceux, traces rares de feldspaths ou argiles

Pierres bleues (Bluestones) 

  • Origine : Preseli Hills (Pays de Galles, ~220 km)
  • Roches variées : dolérite (plagioclase, pyroxène, olivine), rhyolite, tufs, etc.

Géologie du site 

  • Roche-mère : Craie du Crétacé supérieur (Seaford Chalk)
  • Composition :

o 95 % de calcite (microfossiles marins) 

o Impuretés : quartz, argiles, silex 

  • Sol superficiel : mince, brun calcaire, contenant illite, kaolinite, quartz

L’étude comparative des compositions minérales de sites mégalithiques européens révèle une forte corrélation entre les types de roches utilisées et les substrats locaux. La disponibilité, la dureté, et parfois même les qualités esthétiques ou symboliques des pierres ont influencé les choix des bâtisseurs néolithiques. Cette approche géoarchéologique permet de mieux comprendre les relations entre sociétés préhistoriques, territoires et environnements minéraux. 

À la lecture de cet article, il apparaît clairement que la présence de certains minéraux constitue un lien commun entre les différents sites mégalithiques. Bien que les peuples du Néolithique ne disposaient apparemment pas de notre savoir scientifique, ils faisaient preuve d’une grande sensibilité à leur environnement. Il est possible qu’ils aient perçu ou observé divers phénomènes telluriques tels que le magnétisme, la présence d’eau ou de chaleur, et qu’ils aient choisi l’emplacement des mégalithes en fonction de ces éléments. Ces choix pouvaient répondre à des motivations spirituelles, rituelles ou pratiques, liées notamment à la fertilité, à la santé ou aux cycles naturels. 

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